Etudiants-Erasmus.com

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mardi 20 juin 2006

Fáilte go Baile Átha Cliath

Sphère en métal à Trinity College DublinLe témoignage de quatre étudiants français ayant passé une année à Dublin est disponible sur le lepetitjournal.com, le journal des français de l'étranger. Témoignages intéressants car certains mettent un carton jaune à la ville de Dublin : C’est vrai que c’est une ville très chère et assez sale avance Nicolas, étudiants nancéen de 21 ans ou encore Dublin est une ville très, même trop touristique d'après Marion, 20 ans et une étudiante à Tours. Je ne peux pas leur jeter la pierre. Pour y avoir vécu moi aussi un an, je dois avouer que Dublin n'est sans doute pas la plus belle ville du monde. Mais c'est une ville qu'il faut apprendre à connaître et à aimer. Et nos quatre Français semblent finalement plutôt heureux de leur séjour et de l'accueil des Irlandais.

PS : Le titre de l'article est en gaélique. Vous aurez peut-être deviné, cela signifie Bienvenu à Dublin
PS2 : la photo représente une sculpture sur le campus de Trinity College au coeur même de Dublin

vendredi 16 juin 2006

Erasmus : plus que simplement donner une dimension européenne à ses études

Je signale rapidement pour les germanophones un article paru dans Die Welt : Mit Erasmus für ein Jahr nach Lissabon[1]. L'article rapporte les impressions de Verena, étudiante en droit à Augsburg en Bavière, partie pour un an à Lisbonne au Portugal. Pour elle, Erasmus c'est bien plus que donner une dimension européenne à un cursus universitaire, c'est aussi la confrontation en situation réelle des cultures des 28 pays européens participant au programme quand elles se rencontrent le soir dans les bars du Bairro Alto. Cependant cela n'a pas toujours été aussi facile, surtout avec la langue : Au début je ne comprenais tout simplement rien du tout, bien qu'ayant suivi un cours de portugais à l'université d'Augsburg se souvient Verena. Mais à deux mois de la fin de son séjour, elle sent déjà que le départ va être difficile.

Notes

[1] Un an à Lisbonne avec Erasmus (NdR)

jeudi 15 juin 2006

Jobs et stages en Europe

Dans sa rubrique emploi, Libération publie trois articles axés sur la mobilité des jeunes en Europe pour cet été :

Un stage (pour les retardataires) ou un job pour cet été ? Si possible à l'étranger ? Internet fourmille d'opportunité d'après le quotidien : CDD, contrats de saisonnier, Intérim... L'article cite par exemple le portail européen sur la mobilité de l'emploi Eures ainsi que d'autre moteurs de recherches moins institutionnels.

L'association Jemra est soutenue et financée en partie par l'agence Leonardo da Vinci II. Elle permet à des jeunes peu qualifiés de se former en Espagne, Irlande... À Barcelone le premier mois c'est cours intensif d'espagnol et découverte de la culture catalane. Puis c'est le stage, non rémunéré mais le séjour est entièrement pris en charge et une bourse dite de mobilité dont le montant varie entre 350€ et 400€ est également prévue. Les résultats sont encourageants : 1 jeune sur 3 a trouvé du travail en France, 1 sur 3 à l'étranger. Certains ne sont simplement pas rentré à la fin de leur séjour et vivent désormais à Dublin ou Barcelone. Pour 2006, 100 bourses seront distribuées par Jemra.

Le témoignage de trois jeunes entre 23 et 26 ans partis pour un stage ou une formation à Barcelone.

samedi 10 juin 2006

Il faut moderniser les universités européennes

Pourquoi l'Europe ne dépense-t-elle que 1,9% de son PNB pour la recherche alors qu'aux États-Unis c'est 2,6% et au Japon 3,1% ? Pourquoi, alors qu'il y a presque deux fois plus de doctorants dans les universités européennes qu'aux États-Unis, il y a plus de chercheurs de l'autre côté de l'Atlantique qu'ici[1] ? L'université européenne donc a besoin de se moderniser pour rivaliser avec ses homologues américaines et japonaises : c'est du moins l'avis de la commission européenne qui a adopté au mois de mai une communication sur le sujet. Ján Figel', commissaire européen chargé de l'éducation a alors déclaré :

Bien que formant des millions de personnes chaque année, l'enseignement supérieur européen reste entravé par nombre d'obstacles, dont certains sont vieux de plusieurs décennies. La communication adoptée aujourd’hui contribue au débat sur la nécessaire modernisation des universités de l’Union européenne.

La communication de la commission est sévère avec l'état des universités européennes :

Pour résumer, les universités européennes ne sont pas actuellement, à divers points de vue, en mesure de réaliser leur plein potentiel. Le résultat est qu’elles sont mal placées dans la concurrence internationale croissante pour les meilleurs étudiants et enseignantschercheurs, qu’elles ont du mal à suivre l’évolution rapide des agendas de recherche et qu’elles peinent à offrir la masse critique, le niveau d’excellence et la flexibilité nécessaires pour réussir. Ces lacunes sont aggravées par la combinaison d’un excès de contrôle public et d’une insuffisance des financements.

Selon le commissaire Figel', l'enseignement supérieur et la recherche ont des besoins de financement équivalent à 2% du PIB. Certains pays sont près de cette cible, mais la moyenne est loin derrière a-t-il déclaré à la presse.

La commission a donc fixé 9 objectifs à atteindre pour permettre à l'Europe de rendre son l'enseignement supérieur et sa recherche compétitif vis-à-vis de ses concurrents. Parmi ces objectifs on trouve entre autres :

  • doubler le nombre d'étudiants ayant effectué au moins un semestre à l'étranger ;
  • inciter à la création de partenariats entre les établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche et le monde de l'entreprise ;
  • améliorer la responsabilité et l'autonomie des universités dans de nombreux domaines (financier, recrutement...) ;
  • accroître l'attractivité et améliorer l'image des universités et de la recherche européennes dans le monde.

La première décision forte de la commission a été prise ces derniers jours avec la publication d'une nouvelle communication précisant le projet de l'Institut de Technologie Européen (ITE) malgré l'opposition de certains états membres. Le but avoué du projet n'est ni plus ni moins que la création d'un concurrent direct au MIT en Europe. Le président de la commission José Manuel Barroso a déclaré au sujet de l'ITE :

l'ITE s’inscrit dans la stratégie de la Commission visant à créer un environnement stimulant et dynamique pour la recherche, la formation et l’innovation. Un lien étroit doit exister entre ces trois aspects du triangle de la connaissance. Plus qu'un simple opérateur dans les domaines de l'éducation, de la recherche et de l'innovation, l'ITE sera également un modèle d’excellence au niveau européen.

Au terme de la consultation qu'elle a menée ces derniers mois, La commission souhaite qu'un comité directeur indépendant, composé de personnes issues des mondes de la recherche, de l'éducation et de l'industrie prenne la tête de l'ITE. Ce comité sera responsable de la sélection de défis scientifiques stratégiques,selon les termes employés par le commisaire Figel'. La commission désire proposer des contrats permettant aux chercheurs de travailler aussi bien sur des projets de l'ITE que pour leurs universités.

Si tout se passe bien, l'ITE devrait commencer ses activités en 2008 ou 2009. Pour le moment son emplacement n'est pas encore fixé même si on parle de Strasbourg depuis quelques temps déjà. La France pourrait accepter le regroupement du Parlement Européen à Bruxelles en échange de l'Institut.

sources :

Notes

[1] presque deux fois plus en proportion

vendredi 2 juin 2006

On reparle de l'expatriation des français diplômés

Emmanuel de Ceteris Paribus remet le couvert sur l'expatriation des jeunes français (je m'en été déjà fait l'écho) en présentant un graphique fort instructif indiquant le taux d'émigration et d'immigration dans les pays de l'OCDE pour les diplômés de l'enseignement supérieur (cliquez sur l'image pour l'avoir en taille normale) :

satistiques émigration/immigration des diplômés

Emmanuel fait remarquer à juste titre que contrairement à l'idée reçue, l'hémorragie n'est pas aussi catastrophique que ça. Au contraire même, puisque la France est bien en dessous de la moyenne de ses partenaires économiques. Il n'y a guère que quelques pays parmi lesquels le Japon et la Corée, les USA ou l'Espagne, a avoir des diplômés plus casaniers que nous.

À la vue ce ces chiffres on peut se poser la question du rapport entre les jeunes diplômes sur le départ et les étudiants ayant pris part à un échange international. Le parallèle est rapide, je l'avoue, cependant je constate que parmi mes amis français émigrés, une part non négligeable a déjà suivi une partie de ses études à l'étranger. Regardons les chiffres : la France compte environ 2 millions d'étudiants dont chanque année environ 2,5% d'étudiants mobiles[1](statistiques de 2000). Pour se faire une idée de ce que cela représente on peut comparer ce taux de mobilité avec celui d'autres pays européens comme le Royaume-Uni (1,3%), les Pays-Bas (2,5%), l'Allemagne (2,6%), l'Autriche (4,4%), l'Espagne (5,3%) ou le Portugal (2,8%).

La France n'est clairement pas la championne de la mobilité étudiante. Cependant cette dernière reste comparable à ce qui peut être observé dans les autres pays européens. Alors pourquoi le diplôme en poche les Français décident soudainement de rester chez eux ? S'il est ardu de répondre dans l'absolu je m'interroge tout de même sur quelques points :

  • la formation des diplômés est-elle efficace ? Nous avons tous en tête la caricature du Français parlant mal anglais (quand il le parle). Les dernières enquêtes sur le sujet ont tendance a tordre un peu le coup à ces idées reçues, en particulier chez les diplômés du supérieur ; même si la France mérite sa mention peut mieux faire en matière de langues vivantes. Plus généralement on peut se poser la question plus générale de l'adéquation des enseignements avec une société mondialisée.
  • Y a-t-il un problème du retour ? Que faire quand après avoir passé 3 ans dans un prestigieux institut de recherche américain une entreprise vous considère comme un débutant ? Baisser les bras ? Repartir ? À écouter les témoignages une part importante des entrprises, souvent les PME/PMI, soit considère l'expérience à l'étranger comme quantité négligeable soit affuble les expatriés rentrés en France d'une étiquette d'aventurier dont on ne peut faire un collaborateur fiable. Bref, difficile de partir quand on sait qu'il sera encore plus compliqué de revenir.

Une chose est sûre toutefois : ce n'est pas en exportant aussi peu de diplômés que la France améliorera son image à l'étranger et s'ouvrira au monde.

Notes

[1] C'est-à-dire étudiant dans un pays étranger, dont une petite moitié dans le programme Erasmus.