lundi 28 août 2006
Aujourd'hui Erasmus, demain Confucius ?
Par Jean-Christophe, lundi 28 août 2006 à 10:53 :: Article
L'idée est du sénateur et ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Je savais Jean-Pierre Raffarin passionné de la Chine, il est membre du groupe d'amitié sénatorial France-Chine, et wikipédia m'a fait découvrir un ouvrage collectif La Vie en jaune, 7 jeunes giscardiens en Chine Populaire dont il est l'un des auteurs.
Dans une tribune publiée dans le Figaro où il reprend les thèmes déjà exposés dans le fascicule Une stratégie européenne pour la Chine (pdf), l'ancien premier ministre donne son point de vue : pour équilibrer l'axe Washington-Pekin qui se dessine à l'horizon 2020 il faut créer une vraie politique sino-européenne et un axe Bruxelles-Pekin.
L'Europe d'aujourd'hui est à la recherche de grands projets. Elle trouverait sans doute avec un programme «Confucius» le succès qu'elle a connu avec Erasmus.
Alors paradoxalement, il n'est pas question d'échange d'étudiants ou de projets de recherche dans l'article mais l'idée d'un programme judicieusement nommé Confucius[1] sur le modèle du programme Erasmus est une idée à creuser. L'intérêt pour la Chine va grandissant en Europe et particulièrement en France.
D'après le China Scholarship Council entre 2003 et 2005 le nombre d'étudiants étrangers en Chine a presque été multiplié par 2 (77000 en 2003, 140000 en 2005) ; pendant la même période le nombre d'étudiants venu des Etats-Unis a presque été multiplié par 3 en passant de 3600 à plus de 10000. Pour l'Europe les données sont plus difficile à compiler puisque qu'il faut les rechercher pays par pays mais on peut supposer que le nombre d'étudiants européen en Chine était inférieur à 8000, puisque les deux plus gros fournisseurs, l'Allemagne et la France, n'en ont envoyé que 5200 en 2005. Les flux inverses sont d'un autre ordre même, ramené à la population étudiante. Selon le rapport 2006 sur l'éducation de l'OCDE, les Etats-Unis ont accueilli en 2005 environ 90000 étudiants chinois ; pour l'Europe les chiffres sont du même ordre de grandeur mais ils sont concentrés au Royaume-Uni et en Allemagne alors que certains pays comme la France ou l'Italie sont boudés.
Il est par conséquent primordial dans l'objectif d'une vraie relation entre l'Europe et la Chine d'améliorer ces échanges : côté européen en augmentant le nombre d'étudiants à partir et côté chinois en essayant de promouvoir l'enseignement supérieur européen dans son ensemble. Je terminerai voilà donc ma proposition de ce qu'un programme européen Confucius pourrait dans un premier temps mettre en pratique :
- créer un label de qualité Marco Polo des différentes intiatives nationales concernant la mobilité sino-européenne. Cela permettra d'améliorer la lisibilité et l'attractivité des programmes labélisés et de faciliter la création de bourses pour les candidats.
- créer un guichet unique de la mobilité des étudiants chinois en Europe afin de donner à ces étudiants un seul interlocuteur quelque-soit leur destination dans l'Union Européenne.
Notes
[1] Je dis judicieusement nommé car l'enseignement de Confucius est généralement considéré comme un des piliers de l'unité de l'empire chinois. Plus anecdotiquement le nom de Confucius est la latinisation du nom chiniois Kong Fu Zi par les missionaires jésuites partis pour la Chine au XVIe siècle, l'ordre religieux des jésuites étant lui-même un ordre ayant fait de l'éducation une de ses prérogatives.


