La CPU vient de prendre position sur thème de la construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur. Parmi plusieurs sujets assez techniques on trouve deux points intéressants sur le thème de la mobilité des étudiants. Le premier est une harmonisation des calendriers universitaires en Europe. La CPU souhaite que les semestres universitaires commencent et se terminent à peu près au même moment.
Le deuxième point abordé concerne la dimension sociale de la mobilité dans l'espace européen. En effet il est assez clair que tous les étudiants européens ne sont pas égaux devant la mobilité. Les chances de participer à un échange universitaire varient grandement en fonction de l'origine sociale ou culturel des étudiants. Sur ce point la CPU est très claire : La dimension sociale prise dans sa globalité comprend donc non seulement les processus d'accès à l'enseignement supérieur, les politiques d'aide à la réussite des étudiants, les aides financières et matérielles, les politiques d'information et d'orientation, mais aussi les dispositifs visant à rendre la mobilité accessible à tous les étudiants.
. Les objectifs affichés sont ambitieux : il faut aider la mobilité sortante en améliorant, entre autres, les solutions de logements proposées aux étudiants étrangers, fournir un véritable accompagnement linguistique et culturel au départ, aider à l'intégration des arrivants en mettant en places des tutorats par exemple. La CPU demande également que soit doublé le volume des échanges internationaux et qu'à terme tout étudiant de Master ait été en mesure de passer au moins un semestre à l'étranger.
Je ne peux que me réjouir devant un tel engagement cependant la route sera longue. Dans son Global Education Digest 2006 (pdf) l'UNESCO évalue à 2,5% le pourcentage d'étudiants français à l'étranger chaque année[1]. Et avec ce ratio la France est dans moyenne des grands pays européens. Si tous les étudiants doivent pouvoir bénéficier de la possibilité d'un échange il est évident que les déclarations d'intentions ne suffiront pas. La CPU en est consciente et on peut lire dans le document : La CPU rappelle l'engagement prise par les ministres à Bergen de « faciliter la portabilité des bourses et des prêts là où il convient de le faire par le biais d'actions conjointes, afin de faire de la mobilité au sein de l'EEES une réalité. » La CPU salue cette intention qui ne pourra être réalisée qu'accompagnée d'une politique financière ambitieuse.
Les ministres européens de l'éducation se réuniront à Londres en mai prochain. Espérons que les demandes de la CPU seront entendues et qu'elles conduiront à des décisions concrètes et des réalisations rapides.
source : Plénière de la CPU mars 2007 : Contribution à l’EUA – Convention 2007 (pdf)